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Module SAR — Chapitre 9

La déontologie et la conduite de l'appel

Conduire un appel engage la responsabilité déontologique du consultant : maîtrise des délais, complétude du dossier, devoir de compétence et de franchise. C'est aussi déterminant que le droit substantiel.

Chapitre  9  sur 9≈ 22 min  d'étude5  questions liéesNiveau  avancé

La réussite d'un appel ne tient pas qu'au droit : elle repose sur une conduite rigoureuse du dossier, encadrée par le Code de déontologie du CCIC. Les manquements procéduraux — délai manqué, dossier incomplet — nuisent directement au client et exposent le consultant.

Les obligations déontologiques

Compétence, diligence et intégrité

Le Code de déontologie du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CCIC) impose au consultant réglementé d'agir avec compétence, diligence et intégrité. En appel, cela suppose une connaissance précise des délais et des exigences de mise en état.

La maîtrise des délais

Manquer le délai d'avis d'appel (15 jours) ou de mise en état (45 jours depuis l'avis de pratique du 28 septembre 2020) peut entraîner le rejet de l'appel pour défaut de mise en état. Le consultant doit calculer les délais (l'appelant étant réputé recevoir les motifs 7 jours après leur mise à la poste), présenter toute demande de prorogation avant l'échéance (règle 37), et conserver une trace de ses démarches.

La complétude et l'exactitude du dossier

Le dossier de l'appelant doit être complet, paginé et conforme à la Règle 3, avec un mémoire qui identifie clairement les erreurs de la SPR, leur emplacement et la conformité de toute nouvelle preuve à l'art. 110(4). Un mémoire vague dessert le client : dans Ghauri c. Canada, la Cour a rappelé que l'appelant qui n'indique pas où et pourquoi la SPR a erré le fait à son péril.

La franchise envers le tribunal

Le consultant ne peut induire la SAR en erreur ni présenter de documents qu'il sait faux ou trompeurs. Le devoir de franchise envers le tribunal prime sur l'intérêt immédiat du client.

Le champ de pratique

Devant la SAR, le consultant réglementé peut représenter le client (art. 91 et 167(1) LIPR). Devant la Cour fédérale, en revanche, seul un avocat peut comparaître : le consultant doit alors référer le client à un avocat pour le contrôle judiciaire, en temps utile pour respecter le délai de 15 jours.

Les conséquences d'un manquement

Un manquement déontologique peut donner lieu à une plainte au CCIC et à des mesures disciplinaires, indépendamment de l'issue de l'appel.

Définitions clés

Mise en état
Dépôt complet et conforme du dossier de l'appelant dans le délai prescrit (45 jours).
Devoir de compétence
Obligation d'agir avec les connaissances et le soin qu'exige le dossier (Code du CCIC).
Devoir de franchise
Obligation de ne pas tromper le tribunal ni de présenter de faux documents.
Champ de pratique
Représentation permise devant la SAR; devant la Cour fédérale, seul un avocat comparaît.

Jurisprudence et principes

  • Ghauri c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2016 CF 548 — l'appelant qui omet d'identifier où et pourquoi la SPR a erré le fait à son péril (exigence de la Règle 3).
  • Code de déontologie du CCIC — devoirs de compétence, de diligence, d'intégrité et de franchise (référence déontologique, non jurisprudentielle).

À retenir

  • Compétence, diligence, intégrité, franchise (Code de déontologie du CCIC).
  • Délais maîtrisés (15 / 45 / 90 jours); prorogation demandée avant l'échéance.
  • Dossier complet et mémoire précis sur les erreurs de la SPR (Ghauri).
  • Devant la Cour fédérale : seul un avocat comparaît — référer le client à temps.
Sources : Code de déontologie du CCIC · LIPR, art. 91 et 167 · Règles de la SAR (règles 3 et 37) · Ghauri, 2016 CF 548.