La détention liée à l'immigration n'est jamais indéfinie sans contrôle : la loi impose une cadence stricte de révisions, et place le fardeau sur le ministre. Comprendre ce rythme — 48 heures, 7 jours, puis tous les 30 jours — et savoir qui doit prouver quoi, c'est saisir le cœur de la pratique en détention.
L'article 57 fixe un calendrier impératif. Un premier contrôle doit avoir lieu dans les 48 heures suivant le début de la détention, ou dans les meilleurs délais par la suite. Un deuxième contrôle a lieu dans les 7 jours suivant le premier. Ensuite, la SI réexamine les motifs au moins tous les 30 jours, jusqu'à la mise en liberté ou le renvoi.
Cette séquence — 48 h, 7 j, 30 j — est probablement le réflexe le plus important du module. Elle garantit qu'aucune détention ne se prolonge sans réexamen régulier.
À chaque contrôle, c'est au ministre (l'ASFC) de démontrer que le maintien en détention demeure justifié. Si le ministre n'y parvient pas, la SI doit ordonner la mise en liberté, avec ou sans conditions (art. 58).
Ce point oriente toute la stratégie : le représentant n'a pas à « prouver » que son client mérite d'être libéré au sens strict; il doit surtout ébranler la justification du ministre et proposer une solution de rechange crédible.
Chaque contrôle est une décision distincte, fondée sur la preuve actuelle. Le commissaire n'est pas lié de façon absolue par les décisions de détention antérieures, mais la jurisprudence (notamment l'arrêt Thanabalasingham) exige qu'il tienne compte des motifs précédents et explique clairement pourquoi il s'en écarte s'il rend une décision différente.
Autrement dit : un nouveau fait, une caution nouvellement disponible ou l'écoulement du temps peuvent justifier une issue différente — à condition de l'expliquer.
Plus la détention se prolonge, plus elle appelle un examen rigoureux. La Directive numéro 2 sur la détention traite expressément de la détention de longue durée, de la notion de « danger pour le public » et des solutions de rechange. La durée déjà écoulée et la durée anticipée de la détention sont des facteurs que la SI doit soupeser à chaque contrôle.
Une détention qui s'éternise sans perspective de renvoi devient de plus en plus difficile à justifier.