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Module SAR — Chapitre 7

La norme de contrôle et l'analyse de la SAR

Comment la SAR examine-t-elle la décision de la SPR ? Non pas avec retenue, mais par une évaluation indépendante selon la norme de la décision correcte — le cœur de l'arrêt Huruglica.

Chapitre  7  sur 9≈ 34 min  d'étude12  questions liéesNiveau  avancé

Une fois l'appel mis en état, la SAR doit décider comment examiner la décision portée en appel. La norme applicable définit l'intensité de son contrôle : la SAR ne se demande pas si la SPR a rendu une décision raisonnable — elle décide elle-même si la SPR a eu raison.

Les principes

La norme de la décision correcte (Huruglica)

Dans Canada (Citoyenneté et Immigration) c. Huruglica, la Cour d'appel fédérale a tranché que la SAR examine les décisions de la SPR selon la norme de la décision correcte. La SAR procède à sa propre analyse de l'ensemble du dossier, tire ses propres conclusions, puis confirme la décision de la SPR ou y substitue la sienne. Il ne s'agit pas d'un contrôle de la raisonnabilité comme en révision judiciaire.

L'évaluation indépendante

La SAR réexamine la preuve dont disposait la SPR et peut intervenir dès qu'elle décèle une erreur de droit, de fait, ou mixte de droit et de fait. C'est un véritable appel au fond, et non un second regard déférent.

La retenue limitée sur la crédibilité

La SAR peut s'en remettre aux conclusions de la SPR uniquement là où cette dernière jouit d'un avantage réel — typiquement l'appréciation d'un témoignage livré de vive voix à l'audience. Même alors, la SAR doit expliquer pourquoi elle défère (ou non). Cette déférence est l'exception, pas la position de départ.

Distinguer la norme de la SAR de celle de la Cour fédérale

La norme que la SAR applique à la SPR (décision correcte, en appel) ne doit pas être confondue avec celle que la Cour fédérale applique à la SAR en contrôle judiciaire — généralement la décision raisonnable, suivant l'arrêt Vavilov (2019 CSC 65).

L'analyse et les nouvelles questions

Les conclusions non contestées

La SAR peut adopter les conclusions de la SPR qui ne sont pas contestées et qui ne révèlent pas d'erreur, mais elle n'y est pas tenue : son obligation demeure de procéder à sa propre évaluation.

L'obligation d'aviser d'une nouvelle question

Si la SAR entend trancher sur le fondement d'une question que les parties n'ont pas soulevée — une « nouvelle question » au sens de R c. Mian — elle doit en aviser les parties et leur donner l'occasion de présenter des observations. Le défaut de le faire constitue un manquement à l'équité procédurale susceptible de vicier la décision.

Définitions clés

Décision correcte
Norme selon laquelle la SAR décide elle-même si la SPR a eu raison, sans déférence, sauf avantage réel de la SPR.
Évaluation indépendante
Réexamen complet du dossier par la SAR, qui tire ses propres conclusions de fait et de droit.
Nouvelle question
Question juridiquement et factuellement distincte de celles soulevées par les parties; la SAR doit en aviser les parties avant de trancher sur ce fondement.
Décision raisonnable
Norme appliquée par la Cour fédérale au contrôle judiciaire de la SAR (Vavilov), distincte de la norme d'appel de la SAR.

Jurisprudence

À retenir

  • Norme = décision correcte; la SAR fait sa propre évaluation (Huruglica).
  • Déférence seulement là où la SPR a un avantage réel (crédibilité de vive voix), avec motifs.
  • Nouvelle question = avis obligatoire aux parties (Mian; Ching; Kwakwa).
  • Ne pas confondre : SAR = décision correcte (appel); Cour fédérale = décision raisonnable (Vavilov).
Sources : LIPR, art. 110-111 · Huruglica, 2016 CAF 93 · Guide de la SAR, ch. 2 et 3 (CISR) · Vavilov, 2019 CSC 65.