Le filtre de recevabilité (art. 100-101 LIPR) en amont de la SPR : qui décide, dans quel délai, les motifs d'irrecevabilité, l'Entente sur les tiers pays sûrs et la réforme C-12.
Avant que la SPR ne soit saisie, un agent — l'ASFC au point d'entrée, ou IRCC/ASFC dans un bureau intérieur — statue sur la recevabilité de la demande, et non sur son fond. Si la demande est recevable, elle est déférée à la SPR (art. 100 LIPR); sinon, elle ne l'est pas.
L'agent dispose de 3 jours ouvrables pour statuer; à défaut, la demande est réputée déférée (art. 100(1)). Le demandeur doit répondre véridiquement aux questions, sous peine de conséquences.
Une demande est irrecevable, notamment, si : l'asile a déjà été conféré au Canada; une demande antérieure a été rejetée par la CISR; une demande antérieure a été jugée irrecevable, retirée ou a fait l'objet d'un désistement; la qualité de réfugié a été reconnue par un autre pays sûr; la personne arrive d'un tiers pays sûr (ETPS); ou elle est interdite de territoire pour raison de sécurité, atteinte aux droits humains, grande criminalité ou criminalité organisée (seuils à l'art. 101(2)).
À la frontière terrestre depuis les États-Unis, la personne doit demander l'asile dans le premier pays sûr, sauf exception (lien familial au Canada, mineur non accompagné, certains titulaires de documents, intérêt public). L'Entente a été élargie en mars 2023 par un protocole additionnel à toute la frontière terrestre, avec une règle des 14 jours.
Sanctionnée le 26 mars 2026, la réforme ajoute deux motifs d'irrecevabilité applicables rétroactivement au 3 juin 2025 : la règle du 1 an (demande présentée plus d'un an après l'entrée) et la règle des 14 jours (arrivée irrégulière depuis la frontière américaine). Les demandes ainsi écartées sont dirigées vers l'ERAR — un examen sur dossier, sans audience, décidé par un agent d'IRCC — plutôt que vers la SPR.