La présomption selon laquelle tout État protège ses citoyens, et la façon de la réfuter : la preuve claire et convaincante, le seuil variable selon la nature de l'État et le rôle des agents non étatiques.
L'asile est une protection subsidiaire : on ne s'adresse à un autre État que lorsque le pays d'origine ne peut ou ne veut protéger. D'où la présomption que tout État est capable de protéger ses citoyens, que le demandeur doit renverser.
Il incombe au demandeur de réfuter la présomption par une preuve claire et convaincante de l'incapacité — ou de l'absence de volonté — de l'État (Ward). Cette preuve s'apprécie selon la prépondérance des probabilités et doit être de qualité suffisante, fiable et probante (Flores Carrillo).
Plus un État est démocratique, plus le fardeau de réfuter la présomption est lourd (Hinzman). Ce qui compte est l'efficacité réelle de la protection sur le terrain, et non les seuls efforts déployés ou la protection théorique.
Par le témoignage des démarches du demandeur (plaintes restées vaines), la preuve documentaire objective (cartable national de documentation), une défaillance systémique, un refus ou une incapacité avérés, ou des exemples de personnes en situation semblable. La présomption ne s'applique pas en cas d'effondrement complet de l'appareil étatique.